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Europe Créative | 25/05/2013

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Nouveaux médias: journalistes et citoyens, une équipe d’un nouveau genre

Nouveaux médias: journalistes et citoyens, une équipe d’un nouveau genre

Via le Web, un nouveau système d’information s’est développé: les médias citoyens. Du simple commentaire à l’article de presse, comment un média citoyen peut-il être crédible?

Un média citoyen, est un média communautaire où l’internaute a le pouvoir d’informer sur divers sujets. Journalistes, cinéastes, artistes… sont souvent derrière l’écran pour animer ces sites et assurer leur fiabilité. Ils sont ensuite ouverts au public pour entamer un échange participatif. Ces médias citoyens se trouvent principalement sur le net, à l’exemple des réseaux professionnels comme Viadeo, sociaux comme facebook et twitter, journalistiques comme Médiapart, Rue 89… Or, si le média citoyen a vu le jour sur le net, il se développe aujourd’hui sous la forme de médias plus traditionnels, notamment magazine. Ainsi les médias citoyens sont désormais visible sur la Toile et dans les kiosques à journaux. Deux exemples: du dernier né Zelium au plus connu Agoravox.

En région, Zélium, le magazine nouveau nés en Pays de Loire

La plupart des médias citoyens débutent avec une petite équipe de professionnels. Ainsi, avant d’ouvrir leurs espaces aux internautes-rédacteurs, faut-il déjà lancer un média qui tient la route. C’est le défi que tente de relever l’équipe de Zélium, nouveau journal satirique diffusé en presse papier et web. Depuis le début de l’année 2011, l’équipe rédactionnelle s’affaire à diffuser un journal à la fois sérieux et satirique. « Nous ne devons pas laisser le champ libre aux puissances de l’argent qui passent leur temps à manipuler l’opinion. Ils en ont les moyens, contrairement à nous mais c’est pas une raison pour décamper » assure Jérôme Bonnet, co-fondateur de ce magazine citoyen. « La presse satirique disparaît. Il y a déjà eu Siné hebdo, Bakchich, Kamikaze… Or, il ne faut pas abandonner car la presse satirique c’est l’irrévérence et la dénonciation, saupoudrée d’humour. Et l’humour, on aime ça! » Pour cette équipe de cinq professionnels soutenus par une centaine de personnes, il est nécessaire de dénoncer les abus. « L’humanité s’enfonce et l’actualité est souvent déprimante, déclare Jérôme Bonnet. Notre but est donc d’offrir un exutoire à nos lecteurs en les faisant rire un bon coup. C’est bien connu, l’humour est la politesse du désespoir, même s’il y a toujours un risque de mauvaise interprétation ». L’équipe de Zelium a ainsi des idées plein la tête. Sans être moralisateur ou militant, journalistes et dessinateurs s’inspirent des petites infos cachées de la presse traditionnelle pour faire le buzz en coups de gueule et dérision.

Mais le projet est toutefois ambitieux, « il faut le reconnaître, lancer un journal satirique papier aujourd’hui est un peu insensé. Notre objectif, dans un premier temps, est de tenir la route financièrement. C’est pourquoi le journal est mensuel et nous faisons appel aux dons » raconte Jérôme Bonnet, amoureux de la presse magazine. Et d’ajouter « Ensuite, nous chercherons à nous étendre en ayant des correspondants dans différents pays et une plus grande ouverture du site aux internautes ». Le journal Zelium est déjà diffusé en France et en Belgique, les ventes pourraient s’étendre au Luxembourg et au Canada. Malgré les nombreux projets en tête, beaucoup doit encore se mettre en place: de l’équipe de Zelium aux kiosquiers, en passant par les lecteurs qui achètent le magazine. « Nous sommes tous des maillons d’une même chaine et on espère que les citoyens joueront le jeu en nous aidant à tenir le coup et à nous développer ».

 L’exemple belge, Agoravox:

Fondé en mars 2005 à Bruxelles, AgoraVox a connu un développement fulgurant. Trois ans après son lancement, AgoraVox devient une Fondation d’utilité publique. Son objectif: préserver son indépendance. La Fondation AgoraVox déclare avoir « pour but de pérenniser l’engagement du site en faveur de la liberté d’expression, mais aussi prévenir le journal de tout type de pressions ou menaces potentielles». Et d’ajouter: «Nous pensons que tout citoyen doit pouvoir s’exprimer indépendamment de ses orientations politiques, économiques, religieuses, culturelles ou sociales. Néanmoins, nous sommes conscients qu’une initiative comme AgoraVox accroît potentiellement les risques de propagation de rumeurs, de désinformation, de déstabilisation ou de manipulations volontaires ou involontaires. Pour cette raison, nous avons un comité de rédaction qui agit en tant que « filtre » afin de mettre en avant les informations les plus intéressantes même si l’ensemble des informations proposées sur le site sont librement accessibles ».

Ce média citoyen reconnu, assure ainsi son indépendance, notamment financière, par la publicité. Il fait également appel à des donateurs et des mécènes engagés en faveur de la liberté d’expression. Bien souvent il s’agit des internautes eux-mêmes. Des internautes-rédacteurs, car il suffit de s’inscrire pour rédiger des articles. Ainsi, la politique éditoriale d’AgoraVox consiste à « essayer de mettre librement à disposition de ses lecteurs des informations thématiques inédites, détectées par les citoyens. Nous sommes en effet persuadés que tout citoyen est potentiellement capable d’identifier en avant-première des informations difficilement accessibles, volontairement cachées ou ne bénéficiant pas de couverture médiatique. Les internautes développent une attitude de veille et d’alerte et peuvent réaliser un travail critique en recoupant les informations ». Voilà, le fondement du plus grand média citoyen du monde.

Auteur : Audrey Taupenas, chargée de communication et journaliste Web pour Europe Créative

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